Le féminisme inclusif,

mouvement féministe défendu par Féministes Plurielles

 

L’association Féministes Plurielles vient de se lancer, et il nous paraissait naturel que le premier article du site explique notre démarche, et notamment le féminisme inclusif.
Comme vous le savez ou non, il existe plusieurs mouvements féministes, à l’intérieur desquels les différents protagonistes ne sont pas d’accord sur certains sujets (voile, prostitution, etc…).

A Féministes Plurielles, nous venons toutes de l’association STOP Harcèlement de Rue, association qui lutte contre le harcèlement de rue, sujet plutôt universel maintenant qu’il est mis en lumière. Au fil de nos conversations, lectures, échanges sur le féminisme et ses mouvements, nous avons toutes constaté que nous nous reconnaissions dans le féminisme inclusif. Alors, quel est ce mouvement? Comme son nom l’indique, il inclut toutes les femmes, et toute personne victime d’une oppression systémique.

Une oppression systémique est liée à une organisation d’un système, d’un modèle de société inégalitaire, qui a pour conséquence des discriminations indéniables, des agressions physiques et/ou verbales, vérifiées par des chiffres :

 

  • – 100% des femmes ont été harcelées dans les transports en commun à Paris, en 2016.
  • – Un tiers des 18/24 ans pensent qu’une femme peut prendre du plaisir en étant forcée lors d’un rapport sexuel (donc lors d’un viol !), le nombre de viols par an est sous-estimé (entre 10 000 et 50 000 alors qu’on atteint presque les 100 000, voire 200 000 si on tient compte des mineur.e.s), une femme est violée toutes les 7 minutes (pour les viols qui sont signalés), sans compter les chiffres connus de la violence conjugale ou des inégalités de salaire.
  • – En 2014, on a noté une augmentation de 23% des actes xénophobes en France.
  • – En 2013, il y a eu une augmentation de 78% des actes homophobes en France, suite aux débats sur le mariage pour tous.
  • – Il n’est toujours pas possible pour les personnes transgenres de faire un changement d’état civil libre et gratuit.

 

On parle d’oppression systémique, quand on évoque des problèmes structurels, ancrés dans le temps, dans les mœurs, renforcés par des clichés perpétués dans les idées, les blagues, les films, la publicité, les politiques, le sport, le travail, la sexualité, bref, dans tout, et dans ce qui parait anodin.

Le féminisme inclusif se définit par le fait d’être pro-choix, car nous sommes convaincues que c’est en respectant les choix de chacun.e que nous tendrons toujours plus vers l’égalité. Le choix de s’habiller comme on le souhaite, de porter ou non du rouge à lèvres, de s’épiler ou non, de vouloir des enfants ou non, d’allaiter ou non, de porter un enfant pour quelqu’un ou non, de se marier ou non, de porter le voile ou non, de se prostituer ou non (même si c’est par besoin d’argent, beaucoup de gens exercent un travail qui les usent physiquement, mentalement par besoin d’argent), de vivre sa sexualité pleinement en toute liberté, de pouvoir accéder au travail ou de circuler tranquillement dans l’espace public quel que soit sa couleur de peau, son genre, son handicap.

C’est en considérant toutes les femmes, et toute personne victime d’oppressions, que nous serons plus fort.e.s, et que nous réussirons à déconstruire les clichés, qui dans un second temps peuvent peser sur les dominant.e.s, comme par exemple l’absence ou l’insuffisance d’une soi-disant “virilité” peut peser sur les hommes. Nous avons bien tous.tes à gagner, pour voir nos choix de vie respectés à part entière. Sans discriminations, sans violence physique et/ou morale, sans moqueries, sans rejet.

Pour ce qui est de l’association, nous tenons à préciser que pour le moment, elle est composée de femmes cisgenres, blanches, non voilées, non travailleuses du sexe. Comme nos statuts le précisent, nous tenons à laisser la parole aux concerné.e.s. Par conséquent, il nous est compliqué actuellement de proposer des actions particulières, comme un happening hijab par exemple (action par ailleurs lancée il y a quelques mois à Sciences-Po Paris, par des femmes voilées : le Hijab Day). Pour autant, nous ne nous reconnaissons pas dans le féminisme blanc, qui occulte à notre sens certaines luttes, auxquelles nous croyons malgré le fait que nous ne soyons pas concernées par les oppressions associées à ces luttes.

Nous ne parlerons jamais à la place des concerné.e.s, mais nous souhaitons créer un espace bienveillant, ouvert et non oppressif, pour tout le monde.

 

N’hésitez pas à nous rejoindre, ou à venir prêter main forte à l’occasion, toute aide et toute suggestion sont bienvenues !