Le 15 septembre 2018, Féministes Plurielles a organisé un Die In. Qu’est-ce donc? C’est une action de rue, dont l’idée est d’occuper l’espace public pour interpeller. Le but est de demander à des personnes de s’allonger pour représenter des morts, des meurtres. Ici, le but était de dénoncer les politiques passives et la banalisation des féminicides. Des femmes tuées parce qu’elles sont femmes, parce qu’elles ont tenté de reprendre leur liberté face à leur conjoint ou ex.

Pourquoi un Die In?

En 2017, 132 femmes ont été tuées suite à des violences conjugales. Chiffre recensé par le collectif Féminicides par compagnon ou ex, qui s’appuie sur des articles de presse.
Féministes Plurielles a décidé d’imposer dans l’espace public, la problématique autour de ces féminicides. Souvent qualifiés de crime passionnel, drame passionnel/conjugal/familial, ces meurtres sont banalisés, minimalisés, renvoyant à une dimension privée. Or, c’est bien la considération de ces femmes comme propriété des hommes qui reste le problème à combattre. Ils ne supportent pas que celles ci décident de reprendre leur liberté au sein ou hors du couple.

Ainsi, nous avons décidé d’organiser en trois temps, des collages d’affiches reprenant le nom et la façon dont les victimes ont été tuées en 2017. Nous les avons collées dans le centre de Nantes.

Par ailleurs, le jour du Die In, nous nous sommes installées à côté du carousselle des machine de l’Ile, à Nantes. nous avons affiché des articles de presse, relatant ces crimes, et de nouveau nos affiches de collage.

Ensuite, Féministes Plurielles a tracé à la craie le contour des corps des personnes qui ont bien voulu s’allonger. Durant l’après midi c’est une cinquantaine de personnes qui sont passées, nous les remercions vivement!
Une bénévole répétait régulièrement les statistiques des féminicides.

Après notre départ, les silhouettes des féminicides étaient toujours là. L’occasion pour d’autres personnes passées plus tard, de les constater.

Les féminicides ne sont pas des fatalités!

Une médecin légiste de Poitiers a procédé à la première grande étude du phénomène. Elle constate que dans la plupart des cas, le meurtre a lieu lors d’une séparation, et surtout que la femme porte plus de coups et blessures que nécessaire pour mourir. Il y a donc un acharnement sur les victimes, des gestes d’une extrême violence, une volonté de les arrêter, de les faire taire, de les contrôler.

Dans le documentaire « La mécanique du crime » diffusé dans Envoyé Spécial, nous pouvons constater la prise au sérieux de ces crimes dans la province du Québec, à Montréal. Ainsi, plusieurs mesures ont été appliquées:

-une dizaine de policiers dans les commissariats consacrés uniquement aux violences conjugales,
-la possibilité de réquisitionner les armes d’hommes, sur simple soupçon,
-la possibilité pour les policiers de déposer plainte contre un auteur d’agressions, même si la femme ne souhaite pas elle, porter plainte,
-Et surtout, la formation constante des travailleur-seuse-s sociaux aux signes de violence. Si l’homme entre dans une catégorie considérée comme à haut risque, des mesures sont prises.

Depuis la mise en place de ces mesures, les féminicides au Québec ont été divisés par deux. Qu’on soit d’accord ou pas avec celles ci, elles ont néanmoins montré leur efficacité.

La presse en parle

Article Ouest France sur notre Die In

Article France 3 Région Pays de la Loire

Jessica et Romane, bénévoles à Féministes Plurielles, parlent du Die In dans l’émission Francis sur Prun’ (intervention à 53:20).

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