Vous vous demandez pourquoi le 8 mars fait tant parler de lui ? Pourquoi est-il nécessaire de rappeler la lutte internationale pour les droits des femmes alors qu’on est si bien en Europe ? D’ailleurs, en-a-t-on vraiment besoin en Europe de cette journée ?

Les femmes ont moins de droits que les hommes, partout dans le monde. C’est un fait. Inutile de comparer les pays entre eux, puisque chacun à sa mesure brime, opprime, maltraite, tue les femmes.

Nous vous proposons donc un tour d’horizon mondial des droits des femmes.

L’avortement en Europe : vers une diminution des droits

Le Figaro ©

Commençons par l’Europe, non pas par ethnocentrisme mais parce que nombreuses sont les personnes à croire que tout va bien dans cette partie du monde, démystifions.

L’Europe n’est pas exempt des problématiques mondiales, on y trouve comme ailleurs des femmes n’ayant pas le droit d’avorter, des femmes dont l’orientation sexuelle est punie par la loi, des femmes trans dont les droits sont réduits, des femmes harcelées, violées et assassinées, des femmes excisées, des femmes mariées de force, des femmes sous-payées etc.

Dans l’Union Européenne 5 pays entravent le droit à l’avortement et 1 pays l’interdit.

La Pologne, l’Irlande, Chypre et Andorre ne l’autorisent que sous certaines conditions, l’Italie compte sur ces “objecteurs de conscience” et Malte l’interdit purement et simplement.

Les violences faites aux femmes sont nombreuses. En 2014, la Fondamental Rights Agency (FRA) annonçait “qu’une femme sur trois a subi au moins une forme de violence physique et/ou sexuelle depuis l’âge de 15 ans, une femme sur cinq a fait l’objet d’une traque furtive (« stalking »), et une femme sur deux a déjà été victime d’une ou de plusieurs formes de harcèlement sexuel.”

Un chiffre qui doit sûrement être revu à la hausse car beaucoup de femmes n’osent pas parler de ce qu’elles vivent ou ont vécu ou bien ne s’en souviennent pas.

Sources
http://fra.europa.eu/fr/publication/2014/la-violence-lgard-des-femmes-une-enqute-lchelle-de-lue-les-rsultats-en-bref

Amérique latine : combat pour un “Accès aux Femmes à une Vie Sans Violence”

RFI ©

Si vous ne connaissez pas encore la réputation de l’Amérique latine, la voici en quelques mots : c’est l’endroit où les femmes sont assassinées dans l’indifférence, de manière plus ou moins atroce, parce qu’elles sont des femmes.

C’est le cas en Argentine, “pays où une femme est tuée toutes les 36 heures” rappelle Fiona Ipert sur le site JournalDesFemmes.com. Mais aussi en Bolivie, au Paraguay,…et au Mexique.

Le Comité pour les Droits Humains en Amérique Latine (CDHAL) a pour but de « dénoncer publiquement la responsabilité de l’État mexicain dans le meurtre systématique des femmes qui, entre 2012 et 2013, comptent déjà 3,892 victimes ». Ces assassinats, ce sont des féminicides, c’est-à-dire des assassinats commis sur des femmes parce qu’elles sont des femmes. La promulgation en 2007 d’une « Loi Générale d’Accès aux Femmes pour une Vie Sans Violence » au Mexique n’a pas suffi à arrêter les féminicides, dans un pays où circule une véritable « culture du féminicide ».

En effet, « seul un meurtrier sur dix est condamné », rappellent Israël Ayala & Fiona Ipert sur le site Journal Des Femmes. Elles précisent que « si les chiffres sont là, ils ne semblent pas inquiéter l’Etat. Au Mexique, le féminicide n’est pas un délit typifié. Il est, la plupart du temps, classé comme « crime passionnel » ou « crime sexuel » » et entraîne l’impunité des agresseurs.

Cependant, depuis 2015, la situation semble progresser dans le bon sens. Une « Alerte de genre », dispositif prévu par la loi de 2007 et visant à faire « un diagnostic de la situation » pour permettre un meilleur fonctionnement judiciaire, a finalement été mise en place en juillet 2015. De plus, en avril 2015, des organismes ont signé un plan commun ayant pour objectifs de « dénoncer la violence féminicide », de « rendre visible les entraves au droit d’accès à la justice subies par les femmes victimes de violence » et le « suivi des actions de l’État concernant les droits humains des femmes » (CDHAL).

Si les inégalités femmes-hommes sont encore monnaie courante au Mexique et dans beaucoup de pays d’Amérique latine, on peut espérer que, dans les années à venir, moins de femmes ne soient tuées pour le simple fait qu’elles sont femmes.

Sources

Fiona Ipert, “Féminicides : l’Amérique latine en marche contre les meurtres sexistes”, 26 octobre 2016, URL : http://www.journaldesfemmes.com/societe/combats-de-femmes/1703213-feminicides-l-amerique-latine-en-marche-contre-les-meurtres-de-femmes/

Israël Ayala & Fiona Ipert, “Le Mexique, ce pays où les femmes sont tuées dans l’indifférences”, 12 septembre 2014, URL : http://www.journaldesfemmes.com/societe/combats-de-femmes/mexique-feminicide.shtml

« Las Muertas De Peña: ”En la impunidad Los Feminicidios en México” », 10 février 2015, URL : https://hugosadh.com/2015/02/10/las-muertas-de-pena-en-la-impunidad-los-feminicidios-en-mexico/

CDHAL, page consacrée aux « Féminicides au Mexique », URL : http://www.cdhal.org/ressources/feminicides-au-mexique/

Combat des femmes et Islam au Moyen-Orient

Le Monde ©

En février 2016, Florence Beaugé publiait un article intitulé « Les Iraniennes ne désarment pas ». Son article, re-publié dans le magazine Manière de voir du Monde Diplomatique, m’a marqué par ce paragraphe : « Trente-sept ans après la révolution islamique, en dépit d’une législation qui leur accorde moins de droits qu’aux hommes, les femmes jouent un rôle majeur en Iran ».

Certes, les femmes ne peuvent rien faire sans l’aval d’un homme :

– « pour se marier, travailler, voyager, hériter, elles (…) dépendent du bon vouloir du chef de famille » ;

– « pour divorcer (…), une épouse, contrairement à son mari, devra motiver sa décision devant le juge et attendre son autorisation » ;

– les enfants ne sont à la garde de la mère que de leur naissance à l’âge de 2 ans si c’est un garçon et 7 ans si c’est une fille ;

– l’autorité parentale « revient au père, même si les enfants vivent avec leur mère ».

Mais l’article est teinté d’optimisme. Globalement, les femmes iraniennes travaillent plus (20% à 30%) que ne le disent les chiffres officiels (14%), elles sont plus nombreuses à l’Université (60%) que les hommes (40%) et font moins d’enfants que ce que préconisent les autorités (2 contre 7 dans les premières années de la révolution islamique). Beaucoup de femmes contournent les interdictions ou essaient tant bien que mal de s’accommoder de leur manque de liberté.

Et à celleux qui pensent que le voile est la plus grande source d’oppression des femmes en Iran et dans les autres pays du Moyen-Orient, voici ce que répond Florence Beaugé : le voile « est loin d’être la préoccupation première » des femmes iraniennes : « le chômage, l’inflation ou le concours d’entrée à l’université les préoccupent davantage ».

Si certaines femmes de confession musulmane ont pu enlever leur voile en Afrique du nord et au Moyen-Orient en signe de protestation, ce n’est pas le cas de toutes, ni le cas de toutes les féministes. Car le voile n’est pas considéré par tou-te-s comme un signe d’oppression de l’homme sur la femme. Et cela, les féministes européennes doivent le respecter. Il est tout à fait possible d’être féministe et de porter un voile, et d’être féministe et de confession musulmane.

C’est dans cette idée qu’est né dans les années 1980 le féminisme islamique. Les féministes islamiques souhaitent s’appuyer sur le Coran pour “débarrasser l’islam de la domination masculine et réaliser l’aspiration à un islam égalitaire, en particulier au sein de la famille”, comme le rappelle Margot Badran dans son article. Les féministes islamiques considèrent que la domination des hommes sur les femmes s’appuie sur des interprétations du Coran. C’est pour cela que, comme le rappelle Ruwayda Mustafah Rabar, “on a besoin du féminisme à l’intérieur de la religion”. Pour elle, le féminisme est nécessaire car“ nous avons besoin de détruire le patriarcat, et parce que la religion est souvent considérée, à tort, contre l’égalité”. Or l’égalité et au coeur du Coran et donc au coeur de l’islam, c’est pourquoi il faut “aller chercher dans les profondeurs du Coran son message d’égalité des genres et de justice sociale” et rétablir ce que devrait être l’islam (M. Badran, 2010).

Féminisme et religion ne sont donc pas incompatibles, et voir les femmes voilées comme victimes d’un système oppressif dont elles ne voudraient pas se soustraire serait une insulte aux féministes qui se battent pour les droits des femmes au Moyen-Orient depuis bientôt 40 ans.

Sources

Florence Beaugé, « Rien n’arrêtera les Iraniennes », in Manières de voir – Le Monde diplomatique n°150 (décembre 2016-janvier 2017) paru pour la première fois sous le titre « Les Iraniennes ne désarment pas » en février 2016.

Margot Badran, “Où en est le féminisme islamique ?”, in Critique internationale n°46 (janvier-mars 2010)

“5 Myths About Feminism in the Middle East” sur le site de l’Arabian Gazette, 1 février 2013, URL : http://www.arabiangazette.com/5-myths-about-feminism-in-middle-east/

Lutte contre les mutilations génitales et les mariages forcés en Afrique

Marie Claire ©

L’Afrique ne fait pas exception et compte aussi son lot de violences faites aux femmes: mariages forcés, viols, femmes battues, excisions etc. Et ce malgré de nombreux protocoles et conventions. Certains pays dépassent les 90% de femmes/filles excisées.

Le souci principal est que ces violences sont ancrées dans la tradition et que celleux qui la refuse se font ostraciser. Paradoxalement, c’est donc pour assurer un avenir à leurs filles que les mères se sentent contraintes de perpétuer les violences. D’autres ont la possibilité d’envoyer leur fille étudier loin de la famille, mais toutes ne l’ont pas.

Les ONG travaillent ardemment pour aider les femmes Africaines à s’émanciper, en leur permettant de pouvoir aller à l’école/université par exemple, mais cela ne suffit pas toujours. Certaines femmes prennent alors des décisions plus concrètes, devenant les actrices principales de leur changement.

Au Kenya pars exemple, Rebecca Lolosoli en a eu assez d’être impuissante face à toutes ces violences, elle a donc décidé de fonder Umoja, un village interdit aux hommes. De cette manière les femmes et leurs enfants sont protégé.es des violences des hommes. Mais c’est également une communauté basée sur la démocratie participative et dont l’économie se porte plutôt bien. Un second village, Unity, a même été créé sur le modèle d’Umoja. Evidemment de telles initiatives sont mal vues par les hommes auteurs de ces violences, d’autant que ces femmes refusent la tradition de l’excision dans un pays où 34% des femmes/filles sont excisées.

Lutter contre l’excision et le mariage forcé, c’est également le cheval de bataille de Joséphine Kulea, infirmière Kenyane de la tribu Samburu et fondatrice de Samburu Girls Foundation (2012). Grâce à son association et avec l’aide des autorités, elle empêche les excisions et mariages forcés de filles mais sensibilise également les femmes aux dangers que représentent ces violences.

“Pour appréhender la pleine mesure de l’horreur de l’excision, il faut cesser de la voir comme une simple mutilation physique : c’est aussi l’avenir des filles qu’on déchire de ce geste. Car cette violence est la toute première d’un enchaînement dramatiquement bien huilé : après l’excision, rite de purification et d’intégration de la fillette, vient ensuite le mariage forcé, qui éloigne à jamais les enfants des bancs d’école pour les enfermer dans une vie d’abus, de tâches domestiques et de grossesses précoces.”

 

Sources :

http://xibaaru.com/secrets-de-femmes/josephine-kulea-la-kenyane-qui-risque-sa-vie-pour-sauver-les-filles-de-lexcision/

http://www.un.org/fr/globalissues/africa/outlook/women.shtml

Un droit à l’avortement à la carte en Amérique du Nord

Le Parisien ©

Un récent article de Global News montre qu’au Canada, d’après une enquête Ipsos quatre canadiens sur cinq sont favorables à l’avortement. Parmi eux, 53% pensent que “la procédure devrait être autorisée à partir du moment où une femme en fait la demande”, et 24% sont pour un droit à l’avortement plus restreint. Mais qu’en est-il du droit à l’avortement au Canada ?

Au Canada, le droit à l’avortement date de 1969. Tout d’abord limité (comme c’était le cas en France au moment de la promulgation de la loi Veil), il devient un droit entier, lors qu’est abolie la loi restreignant l’avortement en 1988. “L’avortement est alors traité comme n’importe quel autre procédure médicale” indique un article de CBC News de 2013.

Si le pays semble majoritairement favorable à l’avortement, il ne faut pas oublier que des médecins ont été tués (le premier étant Dr. Garson Romalis en 1994) et que le New Brunswick “refuse la prise en charge des avortement effectués en clinique” depuis 2006, malgré la décision de 1988. Mais globalement, le Canada ne fait pas beaucoup parler de lui en matière de droit à l’avortement. On ne peut pas en dire autant des Etats-Unis.

Au moment du traitement de la question de l’avortement par la Cour Suprême des Etats-Unis en 1973, il n’était pas question de donner un droit absolu à l’avortement. La Cour Suprême indiqua que les Etats « pourraient restreindre ou interdire l’avortement à partir de la viabilité du fœtus ». C’est pourquoi, depuis 1973, les Etats « ont construit un maillage de lois codifiant, régulant et limitant les conditions (l’autorisation, la date et les circonstances) pour une femme d’obtenir un avortement ». De fait, l’avortement ne se pratique pas de la même façon dans tous les Etats des Etats-Unis. Le droit à l’avortement peut être limité aux personnes ayant les moyens de se le payer, comme dans « 32 Etats et le Disctrict of Columbia [qui] interdisent l’utilisation de fonds publics à l’exception des cas lors desquels la vie de la femme est en danger ou bien lorsque la grossesse est le résultat d’un viol ou d’un inceste ». L’avortement peut être autorisé sous condition de l’autorisation des parents, comme dans ces « 37 Etats [qui] demandent une implication parentale dans la décision d’un mineur d’avoir un avortement ». Dans certains Etats, le droit à l’avortement est même laissé au libre-arbitre du médecin : « 45 Etats autorisent les fournisseurs de soins individuels à refuser de participer à un avortement ».

Entre toutes les différentes modalités de l’avortement (type de praticien, financement public, date limite de l’avortement, définition des cas exceptionnels (menace pour la santé physique de la femme, cas d’inceste ou de viol, cas de mise en danger de la vie, cas de malformation du fœtus)) suivant l’Etat, difficile de s’y retrouver. Une chose me paraît cependant clair : l’avortement n’est pas encore considéré comme un droit inhérent à toute personne disposant d’un utérus aux Etats-Unis.

Et ne le sera probablement pas tout de suite. En effet, pour l’Institut Guttmacher, qui promeut l’accès aux services d’avortement, “l’administration Trump et le nouveau Congrès s’opposent largement à tout ce qui concerne la santé reproductive et les droits reproductifs, et leur agenda met en danger l’accès des femmes à un avortement sécurisé et légal et un contrôle des naissances abordable”. Cette politique “pourrait stopper ou inverser le progrès que représente le fait de laisser les femmes décider de leur procréation, ce qui inclus d’éviter les grossesses non désirées”.

Et ce pas seulement aux Etats-Unis mais aussi dans d’autres pays dans lesquels des programmes d’aide à l’accès aux soins sont en partie financés par les Etats-Unis que le droit à l’avortement est menacé. En effet, Donald Trump a demandé à retirer les fonds fournis par les Etats-Unis aux organisations non-gouvernementales en ce qui concerne la santé “si ces fonds sont utilisés pour diffuser des informations sur l’avortement, pour effectuer des avortements ou bien pour permettre la mise en place de lois favorables à l’avortement”.

Ne nous reste qu’à espérer que sa politique ne soit jamais rendue effective.

Sources (traduites par mes soins) :

http://globalnews.ca/news/3290006/support-for-abortion-rights-strong-in-canada-but-poll-shows-we-are-middle-of-the-pack-globally/

http://www.cbc.ca/news/canada/abortion-rights-significant-moments-in-canadian-history-1.787212

https://www.guttmacher.org/united-states/abortion

https://www.guttmacher.org/journals/psrh/2017/01/abortion-incidence-and-service-availability-united-states-2014

https://www.guttmacher.org/fact-sheet/induced-abortion-united-states

https://www.guttmacher.org/state-policy/explore/overview-abortion-laws

https://www.hrw.org/news/2017/02/28/governments-step-reproductive-rights

Lutte contre les violences faites aux femmes en Asie

L’Express ©

L’Asie centrale et du Sud-Est a ce point commun avec l’Amérique Latine de posséder des états ne prenant pas vraiment au sérieux les violences faites aux femmes. D’un point de vue globale, les violences sexuelles et domestiques ne sont pas prises au sérieux et l’on y retrouve une culture du viol qui va culpabiliser les victimes.

Mais la lutte s’organise. Pour faire face aux violences, les femmes indiennes se réunissent en « comités de vigilance ». C’est le sujet de l’article de Fabienne Thiry sur le site de Bastamag

Le constat est le suivant : « sur la seule année 2011, 228 000 atrocités commises contre les femmes ont été enregistrées en Inde, parmi lesquelles 24 000 concernent des abus sexuels commis contre des petites filles ». Et les administrations ne font rien pour changer cela. Elles restent ancrées dans « la tradition machiste et patriarcale d’une société pourtant tournée vers le changement » en laissant faire : « 75 % des hommes inquiétés échappent ainsi encore à des sanctions réelles ».

Pourtant, un Violence Domestic Act a été édicté en 2005 pour protéger les femmes de la violence : « en plus d’obtenir une ordonnance de la Cour les protégeant de leur mari sur leur lieu de travail comme à domicile, par l’instauration d’un état de séparation de fait, les femmes peuvent également prétendre à la garde non partagée de leur enfant, au versement d’une pension mensuelle, et à l’aide juridictionnelle. »

Mais ce n’est pas suffisant, car la société n’est pas prête à respecter les droits des femmes. C’est pourquoi les femmes s’organisent, pour tenter de changer les mentalités.

L’organisation indienne Fedina, qui « renforce depuis 1983 l’organisation des travailleurs et des travailleuses du secteur informel (…) par le biais de la syndicalisation et de la sensibilisation aux droits », a mis en place 27 « comités de vigilance chargés de protéger [les femmes] contre toute forme d’atteintes ». Parce que beaucoup de femmes n’osent pas encore parler des violences qu’elles subissent, et parce que ces comités appellent à «  un bouleversement total des schémas de pensée, profondément ancrés dans la tradition », beaucoup de comités peinent à être efficaces. Mais certains prennent de l’ampleur, comme celui de Lingarajapuram, dans lequel les femmes « ne se laissent plus faire. (…) le comité de vigilance incite désormais les hommes à se tenir à carreau. Son influence croissante lui permet d’imposer sa loi et de faire pression sur les maris sans scrupules. Pour protéger une des leurs, elles n’hésitent pas à faire usage de la force, faisant de leur nombre une arme redoutable. »

Fabienne Thiry rappelle également que le 31 décembre 2012, « des centaines de milliers d’hommes et de femmes se sont rassemblés dans tout le pays, pour rendre hommage à celle qu’on surnomme la « fille de l’Inde », marquant un rejet massif de cette Inde archaïque, dans laquelle les femmes meurent encore aujourd’hui sous les coups aveugles des hommes. »

En guise de conclusion, et pour reprendre une dernière fois les mots de Fabienne Thiry, nous pouvons dire que l’évolution de la société indienne sera lente et difficile, mais que « les femmes indiennes semblent aujourd’hui promises à un avenir meilleur. Les valeurs de respect et d’équité sont maintenant au cœur d’un combat qu’elles sont de moins en moins seules à mener. »

Source :

Fabienne Thiry, « Ces femmes indiennes qui relèvent la tête face aux violences machistes », 10 janvier 2013, URL : https://www.bastamag.net/Ces-femmes-indiennes-qui-relevent

Océanie: Une violence omniprésente

La Croix ©

L’Océanie est une partie du monde où les droits des femmes sont mis à rude épreuve. On y trouve des ethnies en guerre se servant du viol comme d’une arme, mais aussi des populations vivant dans la pauvreté, l’analphabétisme et la criminalité. Rendant les femmes dépendantes économiquement ou devant se prostituer pour subvenir à leurs besoins.

En Papouasie-Nouvelle-Guinée, hommes et femmes peuvent être accusés de sorcellerie, avec un bémol pour les femmes, pouvant être accusées de sorcelleries si elles refusent des avances.

Les îles de l’Océanie font également parti des endroits du monde où les femmes ayant leurs règles sont recluses, le sang menstruel étant considéré comme impure et même mortel. Croyances que l’on peut retrouver en Inde par exemple.

Bien que ça n’aille plus aussi loin en Occident, l’idée fausse que les règles sont sales, persiste malgré tout.

Sources

https://blogautourdumonde.wordpress.com/2013/03/24/violence-faite-aux-femmes-en-papouasie-nouvelle-guinee-png/

https://www.amnesty.be/je-veux-m-informer/actualites/article/oceanie-prendre-des-mesures-pour