Malgré la loi du 4 août 2014, nommée loi pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes, il y a encore beaucoup de chemin à parcourir.

Cette loi a pour mesures phares notamment de mieux lutter contre les violences faites aux femmes, de protéger les mères isolées des impayés de pensions alimentaires, de faire reculer les stéréotypes sexistes en donnant plus de pouvoir au CSA*, étendre à tous les champs de responsabilité le principe de parité…etc.

Ces efforts ont permis des changements réels, comme par exemple la formation à l’égalité filles-garçons pour les enseignants et cadres de l’éducation nationale qui est généralisée (en formation initiale et continue) ou encore la présence de 40% de femmes dans les conseils d’administration des entreprises cotées, qui est obligatoire en 2017. Ceci permettra en 2014 de dépasser le seuil de 30% de femmes dans les conseils d’administration des grandes entreprises, faisant de la France le pays de l’Union Européenne le plus avancé en la matière.

Le chantier de l’égalité homme-femme est immense mais pas insurmontable, comme peuvent l’attester ces progressions. Mais encore une fois, rien n’est encore complètement atteint, tout reste à faire.

Les stéréotypes sexistes et machistes prédominent encore. Quelques chiffres, datant de 2015, montrent encore des inégalités basées sur des stéréotypes genrés imposés par la société, comme le fait qu’il y aurait des secteurs et des métiers pour les femmes (ex: la petite enfance) et d’autres pour les hommes (ex: La politique).

Source : https://issuu.com/ministere-solidarite/docs/chiffres-cl__s_2015_l_essentiel?e=0/11733302

Ces stéréotypes sont ancrés dans notre société et nous touchent dès le plus jeune âge, via par exemple les jouets genrés : le marketing du jouet de la parfaite ménagère est destiné aux filles tandis que les jeux de construction et de logique sont destinés aux garçons.

Et le plus grand exemple est la langue française, qui nous apprend dès le primaire que le masculin l’emporte sur le féminin.

Dès le plus jeune âge, nous sommes influencé-e-s par des stéréotypes omniprésents dans la société actuelle. Ceux-ci tendent à nous faire croire qu’une partie de la population est inférieure à une autre. Cela grandit en nous, et entraîne chez certaines personnes des comportements oppressifs. Comme par exemple le manspreading* ou le harcèlement de rue, des comportements qui envoient comme message qu’une certaine catégorie de la population n’aurait pas sa place dans l’espace public. C’est pourquoi actuellement l’occupation dans l’espace public est dominée par les hommes.

Source : http://www.revolutionpermanente.fr/

L’égalité salariale et représentative n’est toujours pas atteinte. En effet, malgré la loi pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes qui tend vers l’obligation dans le secteur du public à l’égalité salariale et représentative, dans le privé c’est une toute autre histoire.

De plus, la parité n’est pas atteinte dans les grandes instances politiques et administratives, et l’accès aux postes à responsabilité est toujours majoritairement réservé aux hommes.

Source : https://issuu.com/ministere-solidarite/

Au-delà du chantier de l’égalité homme-femme, il y a un autre combat :  le respect de chacun-e et de tou-te-s.

La société nous impose toujours plus de normes. C’est pourquoi il est difficile pour toutes les personnes qui ne correspondent pas à ces normes stéréotypées, de se retrouver, de s’accepter, de se sentir bien dans leur peau. [A ce sujet, lire notre article “Les rapports sociaux : une question d’idéal]

Les discriminations liées au genre passent par le Slut-shaming, qui entretient l’idée que le sexe est dégradant pour les femmes, et cela se traduit par le jugement du nombre de partenaires sexuels, la manière de se vêtir, de se maquiller, ou encore par le jugement du travail pour les TDS* .

Qui n’a jamais entendu ou lu de témoignage de personnes victimes de harcèlement ou de viol auxquelles on demande comment elles étaient habillées ? Si elles étaient droguées ou ivres ? Comme si tout ça elles l’avaient bien mérité, et bien sûr la remise en cause du comportement de l’agresseur passe au second plan, nous faisant comprendre que toutes les personnes victimes d’agression doivent adapter leur comportement.

Cela passe aussi par le body-shaming, juger une personne sur son physique, son poids, ses courbes, et lui attribuer des caractéristiques basées sur des idées reçues.

Et évidemment la société nous impose la norme de l’hétérosexualité et la norme du genre, donnant du poids aux lesbophobes, homophobes, transphobes, et ne laissant que peu de place aux personnes qui ne rentrent pas dans le moule comme les personnes non-binaires.

N’oublions pas non plus, le racisme. Il est ambiant, il plane dans toute la société et il cherche à classer en catégories stéréotypées des personnes suivant leurs origines ou leur religion. Ces catégories sont bien évidemment fournies avec leurs lots d’insultes et de clichés, les appropriations culturelles diverses ou encore l’invention du racisme anti-blanc pour toujours placer la suprématie de l’homme blanc.

C’est la réalité, mais… Guess What ? On ne va pas laisser faire !

Tellement de belles initiatives nous permettent de relever la tête et de reprendre notre souffle.

Si toi aussi, tu suffoques parfois,  tu as besoin d’aide ou tout simplement d’agir, il y aura toujours un mouvement, un service ou une association qui t’accueillera.

Liste exhaustive d’associations pour t’aiguiller :

Féministes plurielles – Association féministe inclusive sur Nantes

Centre LGBT Nantes

Planning familial 44

ALUN’ – Association LGBTQI+ de l’Université de Nantes

Lallab

SOS Racisme Nantes

Les filles

Strass

Paye ta shnek et tous les dérivés (Paye ta fac, paye ton taf ..etc)

Stop harcèlement de rue

Sources

http://www.gouvernement.fr/10-avancees-pour-les-droits-des-femmes-depuis-2012-et-pas-que-le-8mars-3965

http://sciencepost.fr/2016/12/jouets-genres-dissuaderaient-filles-de-devenir-ingenieures-scientifiques/

https://issuu.com/ministere-solidarite/docs/chiffres-cl__s_2015_l_essentiel?e=0/11733302

https://fr.wikipedia.org/wiki/Slut-shaming

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/agacee-par-le-body-shaming-sur-twitter-une-femme-poste-4-selfies-decomplexes_1774663.html

http://www.huffingtonpost.fr/2014/12/23/manspreading-campagne-transports-new-yorkais-attaque-incivilites_n_6371490.html

https://www.youtube.com/watch?v=b89Z1BtZyNw

*CSA : Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, c’est l’autorité d’encadrement de l’audiovisuel

*manspreading : Le terme dénonce ces hommes envahissants qui s’assoient en écartant les jambes, prenant parfois l’équivalent de deux places dans les trains, métros ou bus, souvent au détriment de leurs voisin-e-s. Dès leur plus jeune âge, on apprend aux filles à croiser ou à serrer les jambes alors que les hommes les écartent pour affirmer leur virilité.

*Travailleurs-ses Du Sexe : par exemple les prostitué-e-s ou encore les acteur-ices de films X.