À Féministes Plurielles, on avait envie de parler d’un sujet qui nous titille depuis un moment. Et puis un événement nous a poussé.e.s à nous exprimer.

C’est avec fierté, mais non sans tristesse, que nous avons participé à la Women’s March à Nantes le 21 janvier dernier. Nous avons répondu à l’appel lancé par le Planning Familial et c’est avec plaisir que nous avons signé ce même appel.

Malheureusement, l’une de nos bénévoles a subi des critiques violentes sur notre position par rapport au voile, et s’est vue refuser la légitimité de manifester en tant qu’association féministe, de la part d’une féministe anti-voile. En effet pour cette personne, nous n’avons “rien à faire à cette marche”, nous sommes “irresponsables” et défendons une position “intolérable car encourageant l’intégrisme religieux”, et car nous soutenons l’association Lallab qui est “indigéniste et raciste anti-blancs” car soutenant des événements décoloniaux en non-mixité.

Même si l’échange s’est finalement bien déroulé et terminé, il avait néanmoins commencé dans un manque de bienveillance certain. Cet événement cristallise des remarques, des rejets purs et simples (parfois d’associations féministes), des messages que nous recevons régulièrement adoptant le même ton.

Par conséquent, il nous semblait essentiel de clarifier certains points :

– Nous sommes et resterons pro-choix en ce qui concerne le voile, et pro-sexe. Les raisons de ces positions sont expliquées sur notre site. Contrairement à ce que beaucoup semblent croire, notre position est réfléchie : nous nous sommes renseignées sur le sujet, avons discuté avec différentes personnes musulmanes, voilées ou non, nous avons lu différents écrits sur le sujet. Nous connaissons les autres positions qui existent à propos du voile, ainsi que les arguments associés.

– Concernant spécifiquement le voile (c’est sur ce sujet que nous recevons le plus d’attaques), nous sommes pour le libre choix. Quoi qu’on en dise, certaines femmes, le portent par choix , dans la libre pratique de leur religion (permise par la laïcité). Personne n’empêche les catholiques de porter des croix en ville. Ne pas respecter ce choix, c’est exclure celles qui le font des problématiques sociétales qui touchent pourtant TOUTES les femmes (droits des femmes, IVG, écarts de salaires…). D’autant plus dans le contexte actuel. Et ces femmes voilées peuvent avoir  autant sinon plus de revendications féministes que des d’autres femmes.

Vous n’êtes pas d’accord avec certaines de nos positions ? Vous avez évidemment le droit, chacun.e est libre. Tout comme nous sommes libres de nous positionner de cette façon. Merci de nous respecter, malgré nos divergences de position.. Nous faisons de même avec les associations et les personnes qui n’ont pas les mêmes opinions que nous. Nous revendiquons notre place dans les mouvements  féministes, au même titre que d’autres associations.

– Nous sommes évidemment ouvertes à la discussion avec des personnes en désaccord avec nos positions, à condition d’échanger dans la bienveillance et sans préjuger des intentions et des connaissances de l’autre.

– Nous soutenons Lallab avec fierté, et nous souhaitons travailler avec elles prochainement. Nous soutenons de manière générale les événements anti-racistes organisés en non mixité entre personnes racisé.e.s.

– Nous remercions les personnes et les associations qui nous respectent, et dialoguent malgré nos différences. Il nous semble que c’est ça aussi le féminisme.

– Il y a bien d’autres positions sur lesquelles les mouvements féministes convergent : sur ces sujets, nous sommes plus que volontaires pour travailler ensemble, afin de rester unies et combattre efficacement le patriarcat !

Nous sommes une association se voulant bienveillante et nous avons le droit d’exister, de revendiquer le droit des concerné.e.s de s’exprimer. Nous avons le droit de revendiquer être pro-choix et pro-sexe.

Nos divergences d’opinion ne devraient pas être une raison suffisante pour nous rejeter.

Même si tous les féminismes ne sont pas en accord, cela ne devrait pas nous empêcher de lutter main dans la main pour combattre des sujets communs. Et c’est ce que nous déplorons aujourd’hui, malgré notre envie de partager nos luttes.