Il y a quelques jours, j’ai commencé à réfléchir sur les termes pro/anti-IVG, notamment à l’annonce d’une « Marche pour la vie », comprenez anti-IVG, à Paris.

Pour vous remettre dans le contexte, ma petite sœur de 16 ans, qui est très mature et réfléchie en général, se pose régulièrement des questions autour du féminisme. Je tâche toujours d’y répondre avec le plus de précision et le plus de clarification possible, afin qu’elle puisse se faire son avis. L’autre soir, elle est venue me poser une question : « Je ne comprends pas les motivations des pour et des contre l’IVG, et encore moins à quoi correspondent ces termes. »

« Pourquoi ? » lui ai-je demandé.
« Parce que je sais que moi, je choisirais de ne pas avorter si ça m’arrivait. » m’a-t-elle répondu.

J’ai pris conscience à ses mots qu’il y avait peut-être un souci sur ce que veulent vraiment dire ces termes. J’ai compris aussi que parfois, le terme pro-IVG peut sous-entendre être contre le choix de devenir parent. Alors que pas du tout !

J’ai donc pris le temps de lui expliquer qu’être pour l’IVG, c’était en réalité être « pro-choix« . C’est vouloir garder ce droit, de pouvoir avorter, certes, mais surtout le droit de choisir.

Être pro-ivg, ce n’est pas vouloir faire avorter le monde entier, c’est soutenir le choix des femmes, d’avorter, mais aussi de le garder. Je lui ai aussi expliqué qu’en parallèle, être anti-IVG, c’est vouloir retirer ce droit de choisir, ce droit de disposer de son corps.
Qu’elle ne soit pas pour l’IVG, d’un point de vue personnel, n’est pas un souci, au contraire, en ayant son avis, elle dispose de son corps et réfléchit à la question.

C’est bien la différence entre un.e pro-IVG et un.e anti-IVG : LE DROIT DE CHOISIR.

Un.e pro-IVG se bat pour que chaque personne pouvant tomber enceinte ait le choix, selon sa situation, son envie et son avis.

Un.e anti-IVG se bat pour retirer ce droit de choix et imposer une pensée unique sur le sujet.

Je suis pro-IVG, mais je ne sais pas comment je réagirais si je tombais enceinte. Le garderais-je ? Je ne sais pas, cela ne m’est pas arrivé. Je veux juste avoir le droit de choisir si cela arrive.

Elle m’a aussi demandé si ce n’était pas tuer un enfant, car au collège on leur a expliqué, plus ou moins implicitement, qu’un fœtus = un enfant. Je lui ai expliqué les délais pour avorter étaient courts en France, et que non, un fœtus n’était pas un bébé.
Je lui ai aussi expliqué que les pro-IVG n’étaient évidemment pas contre la maternité, et encore moins pour tuer des enfants ! (surprenant !)

J’ai la chance d’avoir une petite sœur qui est curieuse et qui se questionne, mais je me suis dit alors que certain.e.s ne l’étaient pas autant qu’elle. C’est pour cela que je voulais écrire cet article, pour rappeler qu’être pro-IVG, c’est avant tout être pour un droit.

Pour vous rappeler aussi qu’à Féministes Plurielles, nous sommes pro-choix, et que nous vous soutenons, que vous choisissiez de poursuivre une grossesse ou non. Que vous avez le droit d’avoir votre avis là-dessus.

Nous voulons juste que vous ayez le choix, et que personne n’impose son avis à autrui.

C’est pour cela que je me définis comme pro-choix, que l’association aussi, et qu’il est important de détruire les fausses idées sur les pro-IVG. Il est également important de se rappeler qu’être anti-ivg, ce n’est pas être pro-vie. Car celleux qui se définissent comme tel oublient souvent la vie de quelqu’un : la personne enceinte.