Ce texte a été écrit à partir du livre Lune Rouge de Miranda Gray et d’expériences personnelles. Bien que pratique, ce livre reste malheureusement non-inclusif, à nous de l’adapter !

Découvrir le plaisir… d’avoir ses règles

Ça peut paraître étrange comme déclaration, mais j’ai simplement eu la chance de découvrir un bouquin qui te révolutionne l’utérus ! : Lune Rouge de Miranda Gray.

Parce que je suis comme la plupart des gens, quand j’ai mes règles j’ai mal, je suis de mauvaise humeur parce que j’ai mal, j’ai envie de manger un paquet de marshmallows recouverts de chocolat et de chantilly avec des doritos en dessert.

Et surtout je considère les règles comme une période du mois* bien pénible et injuste.


Mais en réfléchissant, en déconstruisant ses croyances, on finit par se dire que c’est quand même louche cette histoire. Ce n’est pas normal de souffrir comme ça, pour rien…et puis les règles, ce n’est pas sale en fait, ce n’est pas non plus une punition, c’est la société qui nous apprend ça. Bref, au bout d’un moment on se doute qu’il y a anguille sous roche avec cette histoire ! Ça tombe bien, Miranda Gray nous explique tout ça.

Commençons par vraiment comprendre ce que signifie « cycle ». Dans notre conception des choses les règles sont un moment unique et indépendant par lequel il faut passer chaque mois. En réalité on ne prend pas conscience de l’entièreté du cycle, qui ne se résume pas à un moment de saignement, mais bien à toute une mécanique passant par différentes phases. En d’autres termes, l’on est constamment relié.es à notre utérus et par extension à la lune. Ce que, entre nous, je trouve incroyablement badass !

L’un des principaux soucis c’est donc que l’on n’a pas conscience des différents moments de notre cycle et que donc on ne s’écoute pas.

Soit on tente malgré tout de vivre comme d’habitude les moments de perte de sang, soit on abandonne et on déprime. Dans le premier cas ça peut être douloureux, parce que justement cette période demande un autre rythme.

Miranda Gray scinde le cycle en 4 phases : Vierge, Mère, Enchanteresse et Vieille Sorcière. Ce sont des figures mythiques représentant chacune un moment de notre cycle. En aucun cas ces termes sont péjoratifs ou présentent des injonctions.

Les phases qui nous intéressent ici sont celles de l’enchanteresse et de la sorcière. Le syndrome prémenstruel correspond à l’enchanteresse, notre face sombre et chaotique, les énergies déclinent et l’on devient irritable. Les saignements quant à eux sont dans la phase de la sorcière, symbole du retrait, de l’hiver, mais aussi de la préparation à une renaissance, au début d’un nouveau cycle. Toutes les phases sont liées et s’interpénètrent, on ne passe pas d’un jour à l’autre à une autre phase, tout ceci se fait généralement en douceur.

Les menstruations c’est l’occasion de se débarrasser des choses qui nous encombrent, de se laisser dorloter, de dormir plus

Non écoutées, non contrôlées, les phases de l’enchanteresse et de la sorcière peuvent provoquer ce que beaucoup vivent chaque mois : énervements, l’impression de ne pas avancer, d’être nul.le, moche etc. Mais du chaos naît la lumière, puisque la perte du sang, nettoie l’utérus et prépare à une phase de renouveau.

Les menstruations c’est l’occasion de se débarrasser des choses qui nous encombrent, de se laisser dorloter, de dormir plus, de se reposer, de s’écouter, de ralentir son rythme, de méditer et surtout de ne pas se culpabiliser. Avoir ces règles c’est avoir besoin de calme et être moins performant.e et c’est normal. C’est la fin de votre cycle, le moment de se retourner sur ce que l’on a accompli ce mois-ci et de faire le tri entre ce que l’on garde et ce que l’on jette. C’est un peu le nouvel an tous les mois quoi.
Dès que j’ai compris ça, mes règles se sont très bien passées. Je n’ai pas ressenti les mêmes douleurs que d’habitude, je n’ai pas eu besoin de prendre de médicament, j’ai médité, j’ai accueilli ces énergies chaotiques et j’ai accepté d’avoir besoin de plus de sommeil et d’au moins une journée de rien et cette journée de rien c’est vraiment trop cool.

Bon on ne peut pas toutes et tous rester chez nous en cas de règles (malheureusement) mais on peut au moins ralentir son rythme, décréter que non, ça on le fera la semaine prochaine, s’arranger pour ne pas avoir de grosses charges de travail au moment des règles etc. Chacun.e ses astuces.


Je vous entends déjà dire que les imprévus, la vie de famille, le travail etc. Et si vous vous imposiez ? Si vous décrétiez que pendant 5 jours vous fournissez le minimum syndical ? Dans un monde dirigé par les hommes qui demandent toujours plus aux femmes pour au final leur donner moins, il est peut-être temps de mettre culotte sur table et de dire « Non ! J’ai mes règles, j’ai besoin de repos, de ME faire plaisir. »
Je ne dis pas qu’avoir ses règles c’est génial et qu’il faut impérativement en être heureux/se, mais simplement les voir comme quelque chose de pas si négatif, ça fait partie de soi après tout, alors acceptons-nous ! 🙂

*Le cycle n’est pas aussi régulier que ce que l’on peut voir dans les manuels de science, certaines personnes sont réglées tous les mois, d’autres tous les deux mois etc. et c’est normal.