Vous avez peut être pu croiser une campagne d’affichage de prévention contre le VIH, qui s’adresse aux hommes qui ont des rapports avec des hommes. Elle a fait un peu de bruit, à cause (grâce ?) à un parti de droite, qui, une fois de plus, a poussé les hauts cris face à tant de “perversion” ! Protégeons les enfants, sinon iels vont devenir homosexuel.les-bisexuel.le.s ! (Je me sens obligée de le préciser dès fois que, mais ceci est du second degré, l’orientation sexuelle n’est pas et ne sera jamais un choix.)

L’initiative de cette campagne de prévention contre le VIH, faite par Santé publique France, un établissement public sous tutelle du ministère de la santé, est plutôt bienvenue. Que des couples de mecs soient représentés dans l’espace public sur ce sujet, et non uniquement dans les centres LGBTQI+ c’est chouette, mais… bah oui y a un mais !

Il manquerait pas quelqu’un?

Surprise ! Cette campagne ne vise que les hommes homosexuels… auriez-vous oublié qu’il existe aussi des lesbiennes, les bisexuel.les et l’ensemble des personnes non-hétérosexuel.le.s ? L’homosexualité n’est pas que masculine, et les lesbiennes-bisexuel.le.s aussi peuvent être atteintes du VIH, si iels ne prennent pas certaines précautions lors d’un rapport. Et pourtant, peu de gens le savent. Notre société pense encore que des femmes qui couchent ensemble, ça se résume à quelques caresses et à se regarder avec des yeux plein d’amour. Et qu’elles sont donc davantage protégées du VIH.

Car, malheureusement les clichés sur la sexualité lesbienne-bisexuelle ont la vie dure, au détriment de la santé de celles-ci. Car au delà des clichés, il n’existe quasiment aucune communication sur les infections sexuellement transmissibles, et donc sur le besoin de se protéger quand on a des rapports entre meufs. La plupart du temps, lors d’interventions auprès d’un public de femmes qui couchent avec des femmes, bon nombre n’ont même pas conscience d’avoir une sexualité à risque, puisque les sexualité lesbienne et bisexuelle sont passées sous silence. Et ça c’est quand même super grave puisqu’on parle bien de VIH et autres maladies dangereuses.

Déjà soyons clair, il n’existe pas UNE sexualité lesbienne, bisexuelle,

comme il n’existe pas non plus UNE sexualité hétéro,

mais bien DES sexualités !

L’idée ici, n’est pas de remettre en cause l’importance, ni l’utilité de cette campagne, mais bien de mettre en avant le fait que la campagne vise (toujours ?) la même communauté homosexuelle masculine, alors qu’il existe bien d’autres orientations sexuelles et amoureuses qui sont également concernées, mais mises de côté ! Les lesbiennes en font partie, mais également les bisexuel.le.s et l’ensemble des personnes n’ayant pas une orientation sexuelle et amoureuse hétérosexuelle ou asexuelle ! Bien sûr les campagnes ciblent les populations les plus à risques, et il est vrai que les lesbiennes sont bien la population la moins à risque d’avoir des IST (Infections Sexuellement Transmissibles). Mais ce risque n’est pas nul, et les infos parfois difficiles à trouver sur le sujet, d’où la volonté de faire cet article pour sensibiliser tout le monde.

Alors quelles sont les pratiques à risques ? Comment faire du sexe safe entre meufs ? Et euh en fait, des femmes, si ça ne se fait pas juste des caresses en se regardant dans le blanc des yeux, ça fait quoi ?

Des façons de faire l’amour, de se donner du plaisir, de partager du sexe il y en a des centaines, il y a autant de façons de coucher ensemble que les personnes ont d’imagination et d’envie d’expérimenter. En matière de sexe tout est permis, tant que tout le monde est consentant et y trouve son plaisir. Le soucis c’est que les lesbiennes-bisexuelles n’ont généralement pas d’espace ou parler de leur sexualité. C’est rarement chez leur gynéco, ou médecin, qu’elles auront un accueil favorable à ce sujet. Il n’est pas rare quand on ose dire à un.e docteur.e qu’on est lesbienne-bisexuelle, d’entendre encore des phrases du type : « Ah donc vous êtes encore vierge en fait ? »

Alors forcément, sans professionnel de santé pour éclairer sur les risques, ça rend tout de suite les choses plus compliquées… et on ne sait pas forcément vers qui d’autre se tourner.

Malgré la méconnaissance d’une bonne partie du corps médical, le fait est qu’une meuf qui a des rapports avec une/des meufs a des risques d’attraper des infections sexuellement transmissibles, car, pour le VIH par exemple, il suffit d’une porte d’entrée et d’un liquide contaminant. Les muqueuses du vagin, de l’anus, et les plaies cutanées sont des portes d’entrées, le sang, la cyprine (la mouille), sont eux des liquides potentiellement contaminants. Bon soyons clair, les risques de transmissions du VIH entre femmes restent faibles, mais pas inexistants. Quoi qu’il en soit il existe des risques d’attraper d’autre Infections Sexuellement Transmissibles (Chlamydia, herpès, papillomavirus, hépatites…)

Dans les pratiques à risques il y a les cunnilingus, toute pénétration, que ce soit à l’aide d’un gode ou simplement des doigts/main, ou autre. La position des ciseaux où les muqueuses se retrouvent en contact… Important de préciser également que le risque de transmission d’MST et autres est démultiplié lorsque l’une des partenaires à ses règles.

Quelques règles simples à suivre!

Face à ça il y a quelques règles simples pour rendre tout un peu plus safe !

– Ne pas hésitez à mettre un préservatif sur les godes, et à le remplacer à chaque changement d’orifice ou de partenaire.

– Pour tout ce qui est pénétration anale, vaginale, fists : avoir les mains propres.
Ne pas hésiter à se les laver, bien se couper les ongles pour ne pas blesser sa partenaire, ne pas hésiter à mettre des gants s’il y a la moindre blessure sur la main.

– Éviter de se brosser les dents juste avant ou après l’acte sexuel, car vous risquez de créer des micro lésions au niveau de la bouche.

– Vous pouvez utiliser une digue dentaire pour les cunnis, difficile à trouver même en pharmacie, mais très simple à fabriquer en découpant un préservatif dans le sens de la longueur.

– Le lubrifiant, n’hésitez vraiment pas à en utiliser quoi que vous fassiez, ça limite aussi un certain nombre de micro lésions. Petite précaution, ne jamais utiliser de lubrifiants gras (vaseline, huiles, etc.) avec les préservatifs et digues dentaires en latex, ça les rend poreux donc inefficaces ! Et pas de lubrifiant à base de silicone non plus pour les sextoys en silicone, ça les abîme. Il en existe des dizaines de sortes, vous trouverez forcément votre bonheur. 🙂

Voilà je suis passée relativement rapidement sur les risques et comment rendre tout ça plus safe pour vous et pour votre partenaire, mais je vous laisse ci-dessous quelques liens pour pouvoir approfondir : 

Les Klamydia’s, association pour la santé sexuelle des femmes qui aiment les femmes : www.klamydias.ch/fr/

« Entre filles on ne risque rien » court métrage d’Émilie Jouvet : www.dailymotion.com/video/x119ygy_entre-filles-on-ne-risque-rien-un-film-d-emilie-jouvet

« Petit manuel des infections sexuellement transmissibles entre femmes », par SOS homophobie : www.sos-homophobie.org/brochure_ist_entre_femmes.pdf

Bon et sinon, pour conclure : à quand une vraie campagne contre le VIH ultra-inclusive ? 😉

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« C’est juste une idée comme ça hein… »

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