Proche du milieu punk, elle vit de petits boulots, de prostitution. Elle écrit Baise moi, road trip sanglant et sexuel de Manu et Nadine. Le personnage de Manu est directement inspiré du viol que Despentes a subi quelques années auparavant. Le roman est diffusé dans le milieu punk, underground. Il explosera quelques temps après, et elle qui n’avait jamais écrit, ni publié, se retrouve au centre de l’attention médiatique, tant son livre fait polémique. Elle continue d’écrire des romans (Les chiennes savantes, Les jolies choses…) dont beaucoup seront adaptés au cinéma, et adapte Baise moi en 2000 avec une réalisatrice de films pornograhiques Coralie Trinh Thi. Comme pour le roman, le film fait polémique, montant des scènes de viol, de meurtres particulièrement difficiles, ainsi que des scènes de sexe non simulées. Il est interdit aux moins de 16 ans, puis finalement aux moins de 18 ans, ce qui revient à condamner le film puisqu’il n’existe plus de cinéma pornographiques.

Elle publie en 2006 King Kong Théorie, essai qui est une référence à Féministes Plurielles. Elle parle de son viol, et du fait qu’elle ne se retrouvait pas dans les discours classiques où l’on doit se sentir traumatisée, blessée, meurtrie et qu’on ne s’en remettra jamais. Ce n’était pas son cas,  et elle a ressenti par conséquent, une grande solitude. Elle parle également de son expérience du minitel rose, de l’accueil de Baise moi, des injonctions qui pèsent sur les femmes et sur les hommes…


En 2009, elle réalise Mutantes (Féminisme Porno Punk) où l’on peut entendre des intellectuels, écrivains, théoriciens, militants queer sur le féminisme pro-choix et la postpornographie. Elle revient à la fiction avec l’adaptation de son livre Bye Bye Blondie avec Béatrice Dalle et Emmanuelle Béart. Le livre met en scène un couple hétéro mais Despentes décide finalement de montrer un couple de femmes à l’écran, jugeant que l’on en voit trop peu.

Pour aller plus loin, quelques interviews à écouter:

  • Virginie Despentes pour la sortie de son roman Teen spirit – Archive INA

 

  • Virginie Despentes on Killing Rapists