Nous n’aurions pas pensé que 4 interdictions successives de port de burkini en France feraient l’objet de notre premier article expliquant notre positionnement pro-choix… Et pourtant !

Cannes, Villeneuve-Loubet, Sisco, et désormais le Touquet, ont pris un arrêté visant à exclure les femmes portant un burkini sur les plages de leurs communes respectives.

Les raisons invoquées sont les suivantes : éviter les troubles à l’ordre public, lutter contre le prosélytisme religieux,assurer l’hygiène des plages. S’il est aussi faux de prétendre que le burkini n’a rien à voir avec la religion, il l’est aussi d’affirmer que son interdiction ait quelconque lien avec l’hygiène et la sécurité.

Cet arrêté exclut les femmes musulmanes qui font le choix du voile, à travers leur tenue de plage !

En ces temps sombres marqués d’attentats multiples en France et ailleurs, la justice, en validant ces arrêtés, choisit l’exclusion. Puisque cette religion fait peur, alors elle doit se faire discrète. Non, elle doit s’effacer. On pourrait effectivement invoquer la lutte contre le prosélytisme, comme se l’essaye le maire du Touquet, sauf que nous n’avons encore jamais vu de nonnes catholiques s’empêtrer d’une amende de 38€.

Outre le fait que cet arrêté valide totalement l’amalgame raciste du musulman terroriste, il exclut délibérément une partie de la population. Il exclut les femmes musulmanes qui font le choix du voile, à travers leur tenue de plage.
De nouveau nous entendons les pseudos défenseurs des droits des femmes nous expliquer que le burkini n’est que l’expression de l’asservissement des femmes par leur religion/mari/frère. Alors biensur la logique voudrait que l’on soutienne ces victimes non-auto-proclamées.

Il n’en est rien. On choisit d’exclure encore une fois les femmes de l’espace public. Celles qui ne font pas le bon choix. Parce que la société a décidé que ce choix, celui du voile, était erroné, involontaire, contraire à nos valeurs Républicaines. Cette même société qui exige des justifications des victimes lorsque celles-ci, trop peu habillées, se font agresser.

Les bonnes moeurs viennent s’immiscer dans nos tenues de bain. Tantôt trop peu couvrantes, tantôt trop pudiques.

Et pourtant elles sont nombreuses à crier haut et fort leur libre choix du voile :

Nous préférons ne pas les entendre. Persuadés que leur volonté n’en est pas vraiment une. Persuadés que nos choix sont libres de toute convention, de tout diktat.

En faisant ce choix de ne pas les entendre, nous infantilisons ces femmes, persuadé.e.s qu’elles sont incapables de faire un choix rationnel. Nous refusons de prendre en compte leur désir. Nous devenons pire que ce contre quoi nous croyons lutter. Et bien entendu, nous nous trompons totalement de combat.

Tant qu’il y aura des femmes qui feront le choix libre du port de voile, il y aura cette part des féministes pro-choix, dont nous faisons partie qui les soutiendra et veillera, avec bienveillance à leur sécurité et leur liberté !

Pour l’association Féministes Plurielles être pro-choix signifie d’accepter les choix de chacun.e.s. Il n’est pas question d’être pour ou contre le port du voile, pour ou contre la religion. Il est question de respecter les croyances de chacun.e.s, leur choix, leur volonté.