Je suis mère. Je suis féministe.

J’aime le cinéma d’horreur, les films qui font pleurer, les jeux vidéo violents (mais pas que), j’aime le rock, la musique avec des sons étranges, la musique celtique (mais pas que). J’aime sortir tard, boire des bières et déguster du vin et aussi cocooner chez moi. J’aime balader ma fille partout, et j’aime avoir des moments juste à moi. J’ai kiffé allaiter longtemps, j’ai kiffé le portage, et je n’ai jamais laissé mon bébé pleurer (sauf quand j’en pouvais plus). J’ai détesté les premiers mois en tant que mère. Bébé, ma fille dormait souvent dans mon lit.

Je veux laisser ma fille faire ses expériences sans trop m’inquiéter. Je ne veux pas trop intervenir dans sa vie.
 

J’ai besoin de voir mes ami.e.s avec et sans ma fille. Je ne peux pas concevoir (pour moi), de ne pas travailler et de dépendre de quelqu’un. Je veux sortir, faire la fête, aller à des concerts, au cinéma (toute seule parfois), à des expositions, à des événements rigolos ou pas, des actions militantes, être active dans des associations.

En soirée, je voudrais ne plus avoir des réactions de surprise quand je dis que je suis maman. En soirée, je voudrais qu’on ne me pose plus la question « elle est où ta fille? »

J’ai envie de vivre des moments de pure indépendance, qui peuvent être perçus comme égoïstes, qui le sont sûrement, mais le faire, c’est montrer à ma fille à quel point c’est important de s’assumer et d’avoir envie de vivre sa vie.

J’ai envie de faire et dire des bêtises, d’être immature parce que c’est chiant d’être toujours sérieuse (« une enfant! » dirait mon amoureux). J’aime mon amoureux, j’ai besoin de partager avec lui et j’aime avoir mes projets à moi.

Je voudrais qu’on arrête de parler d’instinct maternel, que les papa séparés puissent avoir autant de droits que les mamans, que ça soit normal que les hommes travaillent dans la petite enfance ou être sage femme (“femme” désigne ici la femme enceinte, et non la personne qui pratique le métier).

J’aimerais qu’on arrête de croire que c’est quasi inévitable d’avoir une épisiotomie pendant l’accouchement. J’aimerais qu’on arrête de culpabiliser les femmes qui n’allaitent pas, et celles qui allaitent longtemps. J’aimerais que ça soit normal pour tout le monde qu’un père gère autant qu’une mère sa vie perso, pro et familiale. De cette façon, j’arrêterai d’entendre que j’ai de la chance que le père de ma fille, et ex compagnon, s’en occupe bien.

J’aimerais que les femmes pratiquant ce qu’on appelle le « maternage proximal » ne se sentent plus rejetées par le féminisme, et que les féministes arrêtent de rejeter le maternage proximal.

Parce que le féminisme pour moi c’est avant tout respecter les choix de chacun.e, car on nous impose déjà beaucoup de choses.

Et que ce n’est pas incompatible avec le fait d’encourager à l’indépendance et à la liberté. On gagnera tous.tes à s’encourager dans les choix que nous faisons, à s’aider à assumer ce qu’on est, ce qu’on veut, même si c’est en décalage avec ce qu’on entend ou lit d’habitude. Et ce décalage en tant que mère je le ressens, mais je sais que je ne suis pas la seule.

 

Alors j’espère que l’écrire, va parler à d’autres mamans, femmes, féministes. Le féminisme inclusif est le mouvement féministe qui me paraît le plus respecteux et constructif.